L’assurance-vie dans la gestion de patrimoine est un outil d’épargne, mais pas seulement. L’assurance-vie est avant tout un instrument juridique permettant de donner et de transmettre une partie de son patrimoine et de protéger ses proches. Cet aspect est tellement important, qu’il est la principale source de problème pour les assureurs et les bénéficiaires.
Aujourd’hui, l‘assurance-vie est l’instrument d’épargne favori des Français après le livret A. Cela se comprend largement quand on connait le taux de rémunération du livret A et des autres livrets réglementés. Et pourtant, il faut être conscient que, dans le cadre de la gestion de patrimoine, ce n’est pas l’aspect épargne qui est le plus important mais l’aspect juridique. Pour le comprendre, il faut faire un effort de définition et d’explication. Alors, allons-y, découvrons ce qu’est une assurance-vie et ce qui se cache derrière.
Les différentes formes d’assurance-vie
Premier constat : il n’y a pas qu’une sorte d’assurance-vie. Nous ne parlons pas de « contrat d’assurance-vie ». Il y en a autant qu’il y a d’assureur, si ce n’est nettement plus. Non, je parle d’opération d’assurance-vie, d’objectif d’assurance-vie.
D’abord, vous avez un objectif de prévoyance. Il s’agit là de vous permettre de vous assurer en cas de décès. Le but de l’assurance-vie est alors de verser un capital à une personne donnée, appelée bénéficiaire, une somme en cas de décès prématuré de votre part. C’est ce que l’on appelle classiquement l’assurance-décès, largement utilisée lors de la souscription d’un prêt, par exemple.
Vous pouvez retrouver le même système d’assurance-vie en cas de vie. C’est à dire qu’un assureur s’engage à vous verser ou à verser à la personne bénéficiaire, une somme en cas de survie de votre part à une date donnée. Cela peut paraître étrange, mais nous rencontrons souvent cette assurance-vie, surtout aujourd’hui en pleine discussion sur les retraites.
En effet, nous avons l‘assurance de rente en cas de vie.
Ce système est assez simple : l’assureur-vie s’engage à verser une rente à une personne à une date déterminée en cas de survie de cette personne.
La rente peut être immédiate. Dans ce cas, le souscripteur verse une somme importante à l’assureur qui s’engage à verser immédiatement une rente au bénéficiaire.
La rente peut être différée. Dans ce cas, le souscripteur verse une somme importante immédiatement ou des sommes modestes mais régulièrement pendant une période donnée. A l’issue de cette période, l’assureur-vie verse une rente au bénéfice du bénéficiaire.
Dans les deux cas, la rente peut être viagère, c’est à dire versée tout au long de la vie du bénéficiaire, ou temporaire, c’est à dire versée pendant un temps donné.
Nous avons comme assurance-vie en cas vie en rente le PERP ou le contrat de retraite Madelin.
Nous avons également l’assurance-vie en capital en cas de survie.
Dans ce cas, l’assureur verse un capital à une personne donnée en cas de survie de votre part.
L’ensemble de ces possibilités peuvent se combiner.
En effet, vous pouvez avoir une assurance-vie en cas de survie avec une contre-assurance décès. Par cette formule, l’assureur s’engage à verser un capital ou une rente à une personne donnée en cas de survie de celle-ci ou, si cette personne est décédée, à une autre personne. C’est la contre-assurance qui permet le versement de la somme en cas de décès. Le capital garanti par la contre-assurance, peut être un capital fixe, le montant des primes versées ou, encore, un capital variant selon la valeur de rachat du contrat en cas de survie.
Vous avez enfin un contrat mixte avec une contre-assurance dégressive. Ce système vous propose une sorte de compte épargne et un compte prévoyance. Vous versez une somme dont une partie sera épargnée et l’autre servira à payer l’assurance-décès. Plus le montant de votre épargne augmente, moins l’assurance-décès sera importante.
Par exemple, vous décidez de vous garantir une somme de 300.000 € minimum dans 25 ans. Vous versez pour cela un montant de 600 € par mois pendant 25 ans. Dans ces 600 € €, 20 € paieront une assurance-décès pour un capital de 300.000 €. Lorsque votre épargne aura atteint 100.000 €, les 20 € deviendront 14 €, puisqu’il n’y aura plus que 200.000 € à garantir etc… Certaines mutuelles vous proposent ce style d’assurance mixte. Vous pouvez monter vous-même ce contrat en combinant deux contrats, l’un d’assurance-vie avec contre-assurance décès inclus dans le contrat d’assurance-vie, plus une assurance-décès dégressive.
Les différentes assurances-vie selon les types d’investissement
La distinction est ici nettement plus connues. En effet, vous avez l’assurance-vie en euros. Il s’agit d’un contrat d’assurance-vie ne vous proposant qu’un fond d’investissement, le fond en euros. Ce sont les premiers contrat d’assurance-vie, de moins en moins usité. Cela est du à leur fiscalité défavorable…. pour l’instant. Et également à la faible souplesse de gestion. Autant dire qu’il n’y a aucune souplesse de gestion puisque vous avez le choix entre le fond en euro et…. le fond en euro.
Les premiers contrats ont été des fonds en euros (fonds en franc à l’époque). Aujourd’hui, nous avons surtout des contrats d’assurance-vie en UC ou unité de compte.
Un contrat en UC vous offre un choix de gestion pouvant être très large. Vous avez alors accès à un certains nombre d’OPCVM (SICAV ou FCP) investis en action ou en obligation. Le choix peut aller de 3 UC à 18.000, selon le contrat. Plus vous en avez, plus vous avez le choix, plus vous avez la possibilité de faire appel à des gestionnaires différents.
Ainsi, nous avons :
- les contrats en UC à architecture fermée : le contrat ne propose que des OPCVM gérés par l’assureur vendant le contrat. Cela était (est) assez courant pour les contrats des réseaux bancaires ou des mutuelles ;
- les contrats en UC à architecture partiellement ouverte : l’assureur vous propose d’accéder à la multigestion via un fonds qu’il a créé exprès : il reste donc maître de l’investissement final ;
- les contrats en UC à architecture totalement ouvert : l’assureur vous propose d’accéder à différentes sociétés de gestion via les propres fonds de ces sociétés. Le nombre d’UC peut varié d’une dizaine à plusieurs milliers. En général, on considère qu’un bon contrat en UC à architecture ouverte commence à 150 UC, le mieux étant entre 450 à 900 UC.
Pour en savoir plus….